Comptabilité du médecin libéral : immobilisations et amortissements

Comme nous l’avons déjà évoqué sur le blog dans l’article « Charge ou immobilisation ?« , les biens professionnels peuvent être comptabilisés en charge ou en immobilisation. Comment les distinguer ? Comment amortir les immobilisations ? Voici quelques exemples et explications pour ne plus faire d’erreur dans votre comptabilité de médecin libéral.

Comptabilité médecin libéral

Tout d’abord on considère comme charge un bien dont la durée de vie n’excède pas un an. A l’inverse, une immobilisation est un bien dont l’utilisation est présumée supérieure à un an. Un bien immobilisé est donc amorti, vous ne pouvez pas déduire son coût total sur l’exercice fiscal en cours (comme vous le faites avec une charge) mais seulement une partie (le reste étant étalé).

Restrictions pour les amortissements :

  • Vous ne pouvez amortir que les biens dont vous êtes le propriétaire.
  • Vous ne pouvez amortir que lorsqu’il y a constat d’une perte de valeur due à l’usage, au temps, à la technologie.

Vous ne pouvez donc pas amortir :

  • un bien en location
  • un bien en leasing
  • un terrain
  • le droit de présentation à la clientèle

A savoir : vous êtes autorisé par l’administration fiscale à passer en charges certains biens dont la valeur unitaire hors taxes ne dépasse pas 500 €. Vous n’allez donc pas à amortir le remplacement d’une table cassée pour une valeur de 100 € HT mais vous allez amortir le remplacement de votre bureau usé pour une valeur de 600 € HT.

Calculer l’amortissement dans la comptabilité du médecin libéral

Vous devez déterminer le taux d’utilisation et le type d’amortissement.

1 – le taux d’utilisation
Il dépend de la nature du bien et de sa durée estimée d’utilisation
Voici les taux indicatifs pour quelques biens :

  • Local professionnel : 20 à 50 ans / 2 à 5%
  • Peintures, papiers peints : 3 à 5 ans / 20%
  • Mobilier de bureau et salle d’attente : 10 ans / 10%
  • Matériels robustes (divan d’examen) : 10 ans / 10%
  • Matériels fragiles (électrocardiographe, échographe, etc.) : 5 ans / 20%
  • Matériel de bureau : 5 à 10 ans / 10 à 20 %
  • Matériel informatique : 3 à 5 ans / 20 à 33 1/3 %
  • Voiture : 4 à 5 ans / 20 à 25 %
  • Chaudière, cuve de fuel ou de gaz : 10 ans / 10%
  • Grosses réparations ou gros aménagements : 10 ans / 10%
  • Logiciel : 1 à 2 ans / 50 à 100%

2 – le type d’amortissement
Le plus souvent vous allez amortir de manière linéaire. Les années sont égales entre elles : pour une durée de 10 ans vous allez utiliser un taux d’amortissement de 10% par an. Pour la 1ère année vous utiliserez la méthode du prorata temporis : vous allez réduire l’année au nombre de jours entre l’achat et le 31 décembre de l’année concernée.

Dans certains cas le médecin libéral peut être amené à amortir de manière dégressive. Ce calcul est plus complexe et ne peut concerner que des biens neufs dont la durée est estimée à 3 ans minimum.

  • Année 1 : multipliez le prix de revient par le taux d’amortissement et par le coefficient qui correspond à la durée d’utilisation du bien (1.25 entre 3 et 4 ans, coefficient de 1.75 entre 5 et 6 ans : coefficient de 2.25 au-delà de 6 ans).
  • Années 2 à 5 : appliquez le taux le plus élevé entre le taux dégressif et le taux linéaire.
  • Années suivantes : multipliez chaque valeur résiduelle (prix de revient initial diminué des amortissements antérieurs) par le taux d’amortissement majoré du même coefficient.
  • Dernière année : le montant restant.